« Le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’état et des pouvoirs du marché. »
Benito Mussolini (1883-1945), Dirigeant fasciste de l’Italie

 

Auteur : Elisabeth Studer pour Le Blog Finance

Fitch-Ratings.jpgOn ne peut pas dire que Fitch – la célèbre agence de notation – n’est pas là pour atténuer les tensions. Il semblerait même qu’elle soit presque plus là pour les attiser, voire accentuer le désordre ambiant, dirons-nous poliment … Jugez plutôt …

Alors que le Président égyptien Hosni Moubarak est pour le moins sur la sellette, de gigantesques manifestations à son encontre rassemblent des foules de plus en plus nombreuse dans le pays, Fitch Ratings a indiqué vendredi dans un communiqué qu’elle pourrait abaisser la note souveraine de l’Egypte, si les manifestations contre le pouvoir en place venaient à "menacer la performance économique et financière" du pays.

L’agence de notation a ainsi modifié la perspective liée à la note de l’Egypte, la faisant évoluer de "stable" à "négative".

En termes clairs, cela signifie que Fitch pourrait abaisser sa note dans les mois qui viennent, sans en indiquer toutefois l’échéance à l’heure actuelle. S’agissant de la dette à long terme en devises, la note du pays a été confirmée à "BB+", elle s’établit à "B" pour la dette court terme.

"Le changement de perspective attachée à la note reflète l’ampleur prise récemment par la protestation contre le pouvoir et l’incertitude qu’elle fait peser sur la situation économique et politique à l’approche de l’élection" présidentielle de septembre, a ainsi argumenté Richard Fox, l’analyste de Fitch pour le Moyen-Orient et l’Afrique, dans un communiqué.

Si le mouvement de protestation venait à "menacer sérieusement la performance économique et politique ainsi que le processus de réforme économique", Fitch déciderait alors d’abaisser la note.

"Si, au contraire, le gouvernement parvenait à résoudre les tensions politiques (…) et laissait les réformes économiques se poursuivre, la perspective repasserait à stable", ajoute par ailleurs l’agence.

Rappelons par ailleurs que lundi 17 janvier, Christine Lagarde, ministre française de l’Economie avait critiqué l’attitude de l’agence de notation Fitch, laquelle s’était empressé d’annoncer avant le week-end – et la fuite du Président tunisien Ben Ali – un possible abaissement de la note de la Tunisie.

"Il n’est pas utile de se précipiter sur une dégradation de la notation de la Tunisie, franchement. Ce pays a besoin de retomber sur ses pieds et de préserver sa situation économique", avait alors affirmé la ministre au micro d’Europe 1.

A contre-courant de Fitch, Christine Lagarde avait au contraire, appelé les grandes agences de notation, "dans la période très particulière que traverse la Tunisie, à un +blocage administratif+ pendant quelques jours".

La ministre réagissait ainsi à un communiqué de l’agence de notation laissant entendre qu’elle envisageait d’abaisser la note de la Tunisie , arguant que si les troubles sociaux se prolongeaient, ils pourraient avoir des "conséquences négatives" sur son économie.

L’agence prendra la décision d’abaisser ou non la note dans les six prochains mois, en tenant compte de l’évolution de la situation politique et sociale tunisienne, avait-il également été indiqué.

Sources : Fitch, AFP, Daily News

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