Scandales, gabegies, tueries, émeutes; famines, épidémies, guerres et tant d’autres atrocités…
L’historien  Benjamin Stora essaie de faire le tour de cette question cruciale.
 
               
 
 

L’article de Benjamin Stora dépasse les juristes, les historiens et l’enseignement.

Il nous interpelle sur un comportement politique qui, au delà des clivages, entretient la logique du pire, dont le résultat justifie la répression (opportunément), revient sur l’émancipation de l’opinion (permise par la révolution de l’internet) comme cela se constate déjà (Cf. Hadopi, Loppsi, Dadvsi, accord Swift, Traité ACTA) au nom des intérêts financiers.

L’internet est un révélateur d’impostures. Cela perturbe les puissances d’argent finançant l’apparence démocratique (affaire Woerth-Crédit Agricole, affaire Woerth-Bettencourt, …, affaire Urba, … ) et qui sont les causes réelles des conflits.

Les pipe line d’Afghanistan abreuvant les voitures des automobilistes-électeurs sont la raison de notre présence là-bas, bien plus que le terrorisme.

Le terrorisme est le prétexte (en alternance avec la pédophilie – à quand des pédo-terroristes ?) à toutes les atteintes aux droits fondamentaux. Le discours de la peur maintient ("parque" ?) le consommateur dans les limites ("l’enclos" ?) d’une doxa officielle de la croissance (et non de la satisfaction des besoins). 

Peu s’interroge sur le nerf de la guerre du terrorisme. Qui finance, entraîne et arme le terrorisme depuis la chute du mur et l’effondrement du bloc communiste ?

S’il est indéniable qu’il existe des terroristes (il y en a toujours eu), le discours occidental et son comportement ne font rien pour en faire disparaître les causes évidentes (misère, violence, faim, exploitation, mépris des cultures, …). Qu’a fait le "french doctor" en trois ans à la tête du ministère des affaires étrangères le mieux doté de la planète après celui des USA  pour faire avancer son combat ? Rien. Au contraire, il a même soutenu l’intervention US en Irak (1 million de morts) et a regretté publiquement la création d ‘un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme.

Imaginons ce que ferait l’ONU avec les 3.000 milliards de dollars de la guerre en Irak ? Combien d’habitants de Detroit seraient encore chez eux et non dans la rue ? Combien d’écoles, d’alimenation en eau potable, de dispensaire, … Combien de combien possibles ?

A se demander si le terrorisme n’est pas une aubaine, comme les virus informatiques, pour ceux qui prétendent nous en protéger ?

La disparition du terrorisme contraindrait le complexe militaro industriel à se reconvertir, en l’absence de guerre.

La guerre froide maintenait son business. Elle n’existe plus. Mais la capacité de production est toujours là, et personne, étonnamment, ne parle de reconvertir ce "coeur de métier". Surprenant, compte tenu de tout ce qui se passe autour, en matière de reconversions (c’est beaucoup moins animé en matière de Paix et de justice). Preuve que le coeur de métier "violence institutionnelle" est rentable et qu’il a des garanties pour l’avenir.

L’opération "plomb durci" a montreé que Gaza est le champ de tir de Tsahal, l’Irak celui de l’armée US, la Tchétchénie celui de la Russie. La France ronge son frein. Son armée n’a pas les moyens matériels des ambitions politiques de ceux qui l’envoit au casse pipes.

Le politique qui révèle la vérité fait tout de suite l’objet d’une campagne de dénigrement et il est poussé à la démission, comme le président allemand.

Le gouvernement français est un épiphénomène d’un mouvement "global" auquel trop peu d’acteurs s’opposent avec les outils que leur offre le monde moderne. Le politique, à force de se vendre, n’a plus de pouvoir.

Henry Laborit parlait d’automobiliste du Néanderthal pour illustrer le fossé entre le progrès technique et le progrès intellectuel. Ceux qui conduisent la politique mondiale ont du passer leur permis à la même époque. Ils roulent toujours comme des pieds quand l’opinion est laissée sur le bas-côté.

La surenchère de Grenoble ne répond pas aux aspirations essentielles des Français qui attendent du travail, des hausses de salaires, une amélioration des conditions de vie : la "common decency". En attisant l’exaspération des foules, ce discours de Grenoble est une provocation à l’insurection, poussant l’opinion à l’alimenter et l’amplifier par des références historiques dans une surenchère hyperbolique.

Le gouvernement aura le beau rôle de stigmatiser ensuite la gauche et justifier sa politique répressive si les manifestations de septembre tournent à l’émeute. Cela appelle les organisateurs à la vigilance et dénoncer l’éventuelle inertie des forces de l’ordre.

La logique d’une politique du pire confinant à la manipulation est cohérente avec un pouvoir acculé n’ayant plus aucune marge de manoeuvre, sinon la démission, sinon la fuite, du fait d’une perte de légitimité.

Voilà le danger à rester dans le discursif et l’affectif. La France n’en serait pas là si l’opposition n’avait pas méprisé les voies de recours juridiques modernes, qui n’existaient pas, autrefois.

Le gouvernement, de son côté, laisse son discours de Grenoble entrer dans l’histoire comme celui de Milosevic au champ des Merles en 1989.

Comment ne pas y voir une convergence d’intérêts ?

CUI BONO FUISSET ? Ainsi Cicéron interrogeait le juge lors du procès de Sextus Roscius, dans ce qu’il apparaîtrait aujourd’hui un procès politico financier.

La France résoud le problème en menaçant l’enseignement des lettres classiques. Dans le public.

 
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