Alors que les différents pays industrialisés et émergeants s’enfoncent inéluctablement dans une crise multi-dimensionnelle, le gouvernement français, à mots couverts, nous ressort les hausses d’impôt directs pour tenter de se remettre à flot, vu les sommes colossales qu’il vient de dépenser pour ses amis financiers et industriels (paquet fiscal, soutien aux banques et compagnies d’assurance, secteur automobile et immobilier, vous pouvez compléter vous mêmes…). Ces montants phénoménaux ne seront jamais remboursés par les différents bénéficiaires économiques cités plus haut, mais nos élites dirigeantes françaises comptent bien nous en faire (à nouveau) payer la facture par une augmentation drastique des prélèvements obligatoires dont fait partie l’impôt qui pourrait être le plus égalitaire de tous et qui est pourtant le plus critiqué : j’ai nommé l’impôt sur le revenu.

Je vous livre in extenso l’article que vient de faire paraître Le Monde ces jours-ci et qui relate une lettre qu’envoie le désormais très médiatisé François Pérol à Xavier Bertrand, anciennement ministre du Travail et maintenant patron officiel du parti du nain connu.

Demain, des hausses d’impôts ?

Article original : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/07/demain-des-hausses-d-impots-par-frederic-lemaitre_1164933_3232.html

  

Un courriel interne au gouvernement nous est parvenu, du moins dans notre imagination, cette semaine. Il date du 1er mars. Les initiales de son émetteur, "F.P.", laissent peu de place au doute. Il s’agit de François Pérol,
secrétaire général adjoint de l’Elysée, qui dirige désormais deux
banques concurrentes : les Caisses d’épargne et le groupe Banque
populaire, en cours de fusion. Son destinataire, "Xavier", directeur du
Trésor, ne peut être que
Xavier Musca, qui le remplace auprès de Nicolas Sarkozy, désigné dans toute cette correspondance par le "PR". "PM" désigne François Fillon. Vu l’importance de son contenu, nous avons décidé de le publier sans corrections ni commentaire.

"Monsieur le directeur du Trésor, cher Xavier,

Permets-moi tt
d’abord de te remercier d’avoir accepté ce poste. Le directeur du
Trésor aurait pu avoir de plus grandes ambitions (grande banque ? BCE
pour préparer l’après-Trichet ? Commission de Bruxelles ?), le PR le sait mieux que quiconque et s’en souviendra le moment venu, j’en suis sûr.

Il
a tenu à t’avoir à ses côtés car l’heure est T.T. grave. Tu le sais
comme moi. Le deuxième collectif budgétaire que Bercy va présenter ce
mercredi est déjà dépassé. Il prévoit une récession de 1,5 % cette
année et au moins 300 000 emplois détruits dans le privé. Or, jeudi, la
BCE va annoncer 2,7 % de baisse du PIB dans la zone euro en 2009.
L’explosion du chômage en janvier (+ 90 200 officiellement. En fait,
beaucoup plus si on intègre le chômage partiel) montre que le pire est
à craindre.

Le PM avait tort en septembre 2007 mais maintenant,
la France est vraiment en faillite. Combien de temps allons-nous
pouvoir tenir sur une ligne keynesienne (les déficits comme condition
de la croissance) ? Pas très longtemps, si l’on en croit les sondages.
Dette publique = au moins 75 % du PIB. Déficit Etat + déficit Sécu =
plus de 130 milliards d’euros. Pas exclu que déficits publics
atteignent 6 % du PIB. Deux fois Maastricht ! Seules Irlande,
Grande-Bretagne, Espagne, Lettonie et Roumanie font plus mal. A ce
propos, sache que le PR est excédé par Merkel. Entre Siemens qui a
lâché Areva pour les Russes et leur déficit de 3 % seulement cette
année, le sommet franco-allemand du 12/3 promet d’être chaud. Comme si
cela ne suffisait pas, l’Allemagne vient, enfin, d’accepter que la
France diminue sa TVA sur la restauration, une mesure – proposée par Jacques Chirac
– dont tu connais l’inanité et qu’il va bien falloir mettre en oeuvre
même si elle nous coûte 1 milliard d’euros. Mais au moment où l’on
tente de limiter la consommation d’alcool, on ne peut pas se mettre à
dos les cafetiers en leur refusant ce coup de pouce.

Mais cela est anecdotique. Sans attendre, il te faut préparer un
troisième collectif budgétaire. Le PM nous pousse depuis quelques
jours. Le PR a donné son accord. Annonce après les européennes de juin.
Top secret, évidemment.

Problème : le PR veut ABSOLUMENT éviter
que dette = 100 % du PIB en 2011 (dessin inutile, je pense). Impossible
de virer plus de fonctionnaires. L’opinion est contre. Seule solution
puisqu’on ne diminue pas les dépenses : augmenter les impôts. Mais le
PR hésite encore. Attendre le G20 pour le convaincre.

Arguments à
faire valoir : 1) les Français s’y attendent et ne se font guère
d’illusion, vu notre endettement public. La multiplication des livrets
A le prouve. Si les plus pauvres dépensent tout ce qu’ils ont, les plus
riches épargnent en prenant le moins de risques possible. Seule la
classe moyenne inférieure est prête à consommer davantage. D’où la
réduction de l’IRPP pour les contribuables les plus modestes. 2) Les
autres pays s’y mettent. Gordon Brown va porter à partir d’avril 2011
de 40 % à 45 % le taux d’imposition pour les revenus supérieurs à 150
000 livres par an. Obama le fait pour les Américains gagnant plus de
200 000 dollars. Cela lui financera la moitié de son assurance-maladie
universelle. 3) Le débat sur une plus juste répartition des profits
réalisés par les entreprises, lancé par le PR au cours du sommet
social, n’a pas pris. Même les syndicats sont dubitatifs. Pour la
gauche, ce n’est qu’une diversion. Pour la droite aussi. Certains
n’hésitent pas à faire le parallèle avec le partage du travail, cette
chimère de gauche. Pour l’opinion, l’Etat dispose d’un moyen pour
réduire les inégalités : la fiscalité. Je ne te cache pas que le
bouclier fiscal pose problème. (Ne pas en parler au PR. Le sujet reste
tabou, tout comme l’exonération des cotisations sociales des heures
supplémentaires qui est évidemment une hérésie quand le chômage repart
à la hausse). Attends-toi à ce que, mardi, devant les députés, Ph.
Séguin (Cour des comptes) critique le bouclier fiscal. Il devrait même
proposer sa "suspension temporaire". Habile ? A toi de voir. Il devrait
également rappeler que 10 % des ménages les plus riches possèdent
environ 50 % du patrimoine et que celui-ci est davantage concentré que
les revenus. En temps normal, le PS devrait réagir mais il sera
vraisemblablement trop occupé par les échéances européennes. L’idéal,
pour nous, serait de supprimer l’ISF et d’augmenter la tranche
marginale d’imposition mais l’arbitrage n’est pas garanti. Une chose
est sûre : tu vas passer des heures en réunion pour l’impôt sur le
revenu qui ne représente que 3 % du PIB. Mais alors que j’ai été chargé
de le réduire, tu vas devoir faire l’inverse.

Bon courage, amitiés.

F. P.

PS : Le Monde a annoncé, vendredi, la nomination probable de Thomas Devedjian au Fonds stratégique d’investissement, qui dépend de son père. Vérifier que le PR est OK." 

On s’y attendait non ? Mais reste à savoir si les Français vont accepter de bonne grâce une nouvelle ponction, d’autant plus que le système financier n’en est qu’au début de son déclin dans la vieille Europe…. Prochaine éape : couvre-feu et loi martiale ? Ainsi on pourra prendre vos sous directement chez vous en vous confiscant directement votre voiture et votre maison pour payer le train de vie de nos -chers- banquiers internationaux ! Rassurez vous ceci est déjà en cours d’application chez nos "amis" Ricains et ne va pas tarder à se produire dans nos riantes contrées… Préparez-vous !

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