Lettre ouverte au Peuple de France



Écrit par Simon Davies

  

TUESDAY, 04 DECEMBER 2007 18:27

Simon Davies
Sott.net (Site traduit en français : http://www.futurquantique.org)

Cet article prophétique, écrit après les émeutes de banlieue de 2007 alors que Sarkozy n’était alors que Ministre de l’Intérieur du doux Royaume de France, illustre bien la situation dans laquelle nos dirigeants politiques, syndicalistes, en bref, tout le monde s’est laissé berner par ce despote, avec l’aide appuyée des médias complices…
Méditez bien ce texte, la boîte de Pandore est maintenant ouverte et il va falloir faire avec son contenu…

Ce n’était pas au menu, ça !
(pancarte : grève générale)

Citoyens de France,

Que ressentiriez-vous si :

Vous deviez contracter une assurance médicale privée onéreuse pour être sûr de bénéficier de soins médicaux ?

Chaque hôpital refusait tout soins médicaux à ceux qui n’ont pas d’assurance médicale privée ?

 

Il n’y avait pas le filet de la sécurité sociale, pas d’assurance chômage pour vous-même, votre famille et vos enfants ?

Vous
deviez travailler 40 à 60 heures par semaine avec une seule semaine de
vacances par an – et cela seulement après avoir travaillé pendant un an
ou deux ?

Vous deviez emprunter de l’argent chaque année juste pour nourrir votre famille et garder un toit au-dessus de vos têtes ?

Vous deviez emprunter 100 000 euros pour payer les études universitaires de votre enfant ?

Vous
aviez une dette bancaire tellement énorme que vous ne seriez jamais
capable de la rembourser et ne pourriez jamais cesser de travailler
jusqu’à votre mort ?

Les
universités étaient financées par des entreprises et obligées
d’enseigner seulement ce que ces entreprises jugent important ?

Toute
l’infrastructure de la France et les richesses nationales étaient «
privatisées » au bénéfice de quelques élites opulentes qui vous disent
ce que vous pouvez ou non faire dans votre propre pays et vous font
payer les ressources naturelles qui sont actuellement le bien commun de
tous ?

Si
vous pouvez imaginer ce que serait la vie dans de telles circonstances,
alors vous savez à quoi ressemble la vie aujourd’hui pour une majorité
d’Américains. Les Américains pensent qu’il est normal de travailler 50
heures par semaine avec seulement une semaine de vacances par an. Il y
a beaucoup d’histoires horribles sur des Américains sans assurance
refusés dans les hôpitaux. Le système d’éducation américain a abouti à
un taux d’alphabétisation de 50 % et seuls les riches peuvent accéder à
l’université.

Les
Américains croient qu’une telle vie – une vie basée sur la quantité
d’argent que vous possédez – est le symbole de la liberté, parce qu’ils
ont subi un lavage de cerveau qui leur fait croire que l’argent fait
l’homme. Voulez-vous la même chose pour la France ?

Vous ne me connaissez pas personnellement, mais pour paraphraser une réplique du film V pour Vendetta :
« Je suis Edmond Dantès… et je suis votre père. Et votre mère…
votre frère… votre ami. Je suis vous… et moi. Je suis chacun
d’entre nous. »

Dans
la vraie vie, je suis un ancien banquier d’affaires pour une de vos
plus grosses banques. J’ai des diplômes en économie et j’ai passé la
majeure partie de ma vie d’adulte à observer les mouvements du capital
international et la façon dont il est manipulé par les gouvernements et
les grandes entreprises pour satisfaire à leurs propres objectifs. Je
suis aussi rédacteur pour le site http://www.sott.net/
parce que je le considère comme la voix de la Vérité la plus limpide
sur Internet. Mais, assez parlé de moi. C’est de vous, c’est de la
France dont je veux parler.

De
nombreux citoyens français se rappellent à quel point la France dormait
pendant les années 1930, alors que l’Allemagne se réarmait et
concoctait ses plans de domination européenne, des plans qui n’étaient
pas cachés mais fièrement annoncés par Hitler et ses nazis, pourtant la
France dormait et en a subi les conséquences horribles et inévitables.
Peuple de France, votre président – un représentant de la cabale de
l’élite mondiale et corporatiste avide de pouvoir – a énoncé ses plans
clairement tout comme Hitler l’a fait, et encore maintenant vous
dormez. Vous êtes en train d’être envahis, non pas par une armée, mais
par des idées malveillantes et répugnantes répandues par vos leaders
politiques et les médias. Le but est d’infecter vos esprits avec ces
idées et de faire du peuple français l’architecte de sa propre
destruction. Quand votre président parle d’une « rupture » avec le
passé, ce qu’il veut dire, c’est une rupture de la société française ;
la destruction de la manière de vivre à la française, et cela ne sera
pas moins horrible que l’invasion précédente par Hitler et ses hordes.

John Fitzgerald Kennedy a prononcé ce discours maintenant célèbre :

 «
Car nous sommes confrontés, à l’échelle mondiale, à une conspiration
monolithique et impitoyable qui s’appuie essentiellement sur des moyens
voilés pour étendre sa sphère d’influence ; sur l’infiltration plutôt
que l’invasion ; sur la subversion plutôt que les élections ; sur
l’intimidation plutôt que le libre choix ; sur les guérillas nocturnes
plutôt que les armées en plein jour. C’est un système qui a enrôlé de
vastes ressources humaines et matérielles pour la construction d’une
machine hautement efficace, bien soudée, qui combine des opérations
militaires, diplomatiques, d’espionnage, économiques, scientifiques et
politiques. Ses préparatifs sont dissimulés, pas publiés. Ses erreurs
sont enterrées, pas mises en lumière, ses dissidents sont réduits au
silence, pas glorifiés ; aucune dépense n’est remise en question,
aucune rumeur imprimée, aucun secret dévoilé. En bref, elle mène la
guerre froide, avec une discipline de guerre qu’aucune démocratie
n’oserait espérer atteindre… »

Votre
ennemi est bien organisé, a un financement illimité, est mondial,
impitoyable et a quasiment le contrôle total des médias. Votre ennemi
est parmi vous, et en de nombreuses façons, en vous, car vous avez été
conditionnés à penser en termes limités, et de là, auto-limitants.
Votre ennemi projette de détruire vos structures sociales paternalistes
par l’introduction de ce que l’on nomme un modèle économique «
néolibéral américain » ; ou comme la journaliste Naomi Klein l’a nommé,
un « Capitalisme du désastre ».

Vous
avez été amenés à croire que la France est en quelque sorte protégée
des prédations de l’économie néolibérale. Cela a été accompli en grande
partie en vous maintenant ignorants de la vérité, à cause de la
barrière du langage. Le monde anglophone est gorgé d’avertissements sur
ce que l’économie libérale veut dire, pourtant la littérature
disponible en France sur ce sujet des plus importants est limitée.
Pourquoi cela ? Comment se fait-il que vous en sachiez si peu sur ce
qui se passe vraiment hors de France ?

M.
Sarkozy tente de manipuler cette ignorance et d’encourager un intérêt
personnel et une jalousie extrêmes, qui sont hérésie pour la psyché
française. Bien qu’ils hésitent à l’admettre, beaucoup des supporters
de M. Sarkozy issus des classes moyennes (supérieures) sont motivés par
la jalousie. Ils sont jaloux des avantages sociaux dont jouissent les
fonctionnaires et sont manipulés par M. Sarkozy pour soutenir une
politique qui dépouillerait les fonctionnaires de ces avantages. Ce que
cette classe moyenne échoue à comprendre, c’est qu’en soutenant
actuellement l’action gouvernementale contre la classe ouvrière, ils se
préparent eux-mêmes un traitement similaire dans un avenir proche.

Ne
vous y trompez pas, les seuls gagnants qui émergeront de la « rupture »
de M. Sarkozy seront l’élite dirigeante, les grandes entreprises
internationales et les vautours étrangers qui becquetteront les os de
la France. Les classes moyennes/professionnelles qui soutiennent
actuellement M. Sarkozy perdront aussi leur confort de vie, ils ne le
savent simplement pas encore. Ils croient que par quelque mécanisme
miraculeux, ils deviendront plus riches aux frais du travailleur
ordinaire et que cela est « juste », « nécessaire » et « moderne ». Il
se peut que l’élite dirigeante permette qu’une petite part des
richesses de la France soit « prêtée » aux classes moyennes à court
terme, et qu’elle achète ces classes moyennes pour quelques euros, mais
cela sera transitoire et finalement illusoire. Croyez-moi, je le sais.
La banque c’est mon métier. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le
mécanisme utilisé pour soudoyer les classes moyennes a été l’inflation
immobilière. Au cours de ces dernières années, un boom massif des
valeurs immobilières a été manigancé pour fournir l’illusion de la
richesse. Pourtant aujourd’hui, alors que les prix commencent à chuter,
cette richesse s’évapore tandis que la dette contractée pour acquérir
ces propriétés reste bien réelle et s’accroît de plus en plus, ce qui
sonnera au final le glas des classes moyennes dans ces pays.

M.
Sarkozy est un homme malin et impitoyable. Il sait qu’il ne peut pas
persuader la France d’accepter le néolibéralisme (1), et au final, le
fascisme, de façon directe. Il doit manipuler la France pour l’amener
dans une situation où le résultat sera un « fait accompli ». Comment
cette manœuvre sera-t-elle réalisée ?

C’était
le sujet discuté par les rédacteurs de SOTT juste avant le début des
récentes grèves françaises. Nous avons remarqué qu’une situation
similaire existait au Royaume-Uni quand Margaret Thatcher est arrivée
au pouvoir en 1979, « engagée dans un programme clair visant à la
réduction du pouvoir et de l’influence des syndicats » (2), et avec des
plans soigneusement formulés pour « rompre » le pouvoir de la classe
ouvrière britannique. Nous avons spéculé que des tactiques similaires
pourraient être utilisées en France. Et ainsi, puisque la banque, c’est
mon métier, on m’a demandé de creuser le sujet et de vous présenter, à
vous, peuple de France, les grandes lignes de votre avenir.

 

La
clé du succès de Margaret Thatcher a été une politique de « rupture »
et l’installation du néo-libéralisme en Grande-Bretagne a été
longuement préparée :

 

a.. Une augmentation massive du chômage, a été manigancée, en particulier

chez
les minorités raciales, tandis que le gouvernement trafiquait les
statistiques du chômage. La conséquence en fut une série d’émeutes
majeures dans les zones urbaines les plus pauvres.

 

b..
Des tactiques policières peaufinées pendant des années en Irlande du
Nord ont alors été utilisées pour manipuler l’opinion : les attaques
organisées en Irlande par des groupes manipulés avaient alors
conditionné l’esprit du public à la nécessité d’une violence policière
massive de l’armée pour « défendre la loi et l’ordre ».

 

c..
Des dirigeants syndicaux ont été mis en place, dont on savait que, par
la suite, leur comportement ne pourrait que les faire passer pour des
"« lâches », affaiblissant ainsi l’unité parmi les syndicats.

 

d..
Dans les industries où étaient implantées les syndicats les plus forts,
des provocations délibérées ont été utilisées pour susciter des grèves.
Une « guerre d’usure » a été menée par des attaques diffuses et
proportionnées de la part du gouvernement : aucune n’était assez
violente

pour que les militants de base des syndicats ne réalisent qu’elles préparaient une confrontation majeure.

 

e..
Quand les syndicats sortaient vainqueurs, de nouvelles lois limitant
les droits des travailleurs à la grève ont été introduites. Le
gouvernement a soigneusement analysé son ennemi, observé ses réactions
et surtout rendu illégaux la plupart de ses moyens de protestation,
annihilant ainsi la capacité des travailleurs à exercer leurs droits et
neutralisant ainsi leur pouvoir.

 

Après
cela, Thatcher était prête pour la bataille finale. Son gouvernement a
été réélu en profitant de l’euphorie nationale générée par la guerre
des Malouines et ses stratèges étaient prêts à affronter n’importe quel
conflit ouvert avec les syndicats et la classe ouvrière. La faiblesse
des syndicats et les nouvelles lois qui empêchaient les grèves sans
vote majoritaire d’un scrutin syndicaliste ont donné au gouvernement
l’autorité et le soutien public nécessaires pour finalement mettre au
pas les travailleurs de l’industrie la plus vulnérable du pays, les
mines de charbon.

 

Les
parallèles avec la France sont trop évidents pour être ignorés. Le même
travail de préparation a commencé. Comme Margaret Thatcher en 1982, M.
Sarkozy est au début d’un nouveau mandat et revendique le soutien de
l’électorat. Margaret Thatcher avait prononcé ces phrases célèbres : «
Il n’y a pas d’autre choix » et « La dame [de fer] n’aime pas le
changement de direction » ; Sarkozy dit : « Nous ne nous rendrons pas
et nous ne battrons pas en retraite… La France a besoin de réformes
pour relever les défis que lui impose le monde. »

 

En
supposant que M. Sarkozy ait retenu quelque chose non seulement des
conflits salariaux britanniques, mais aussi mondiaux, nous avons émis
cette hypothèse il y a deux semaines :

 

1.
M. Sarkozy cherchera à consolider ses objectifs et à s’assurer que les
médias focalisent l’attention du public sur un point de la réforme où
les syndicats sont les plus faibles et la sympathie du public peu
probable.

 

2.
Afin de marginaliser davantage les travailleurs dans l’esprit du
public, des évènements violents seront montés en sauce ou provoqués
(opérations false flag) de façon à éloigner les grévistes des « gens
ordinaires ». Les médias monteront en épingle ces questions, de façon
disproportionnée par rapport aux faits concernés.

 

3.
Les dirigeants syndicaux auront l’air de lapins figés dans les phares
d’une voiture tandis que les médias se focaliseront sur le « mal » des
ces évènements délibérément provoqués.

 

4.
Les points 1, 2 et 3 entraîneront une division dans l’opposition aux
réformes – cela sera monté en épingle par les médias alors que, selon
toute vraisemblance, la « division » portera sur des détails, et non
sur les principes. Les médias se focaliseront sur ceux qui s’opposent
aux grèves, et pas sur ceux qui ont des griefs valides ne pouvant être
défendus que par la grève.

 

5.
Les ministres bénéficieront d’un large espace médiatique et d’un large
temps d’antenne pour condamner les grévistes pour leur « égoïsme » et
leur « manque de responsabilité sociale ». Les grévistes seront accusés
de « menacer la grandeur de la France », de « refuser la modernisation
», de « mettre des vies en danger », de « tenir le pays en otage », de
« causer le chaos économique ».

 

6.
La violence éclatera en des points-clés entre les grévistes et ceux
s’opposant officiellement aux grèves. Dans tous les cas, les grévistes
seront rendus responsables de la violence. On fera appel à la police
pour « supprimer la violence » alors qu’en fait, elle l’enflammera.

 

7.
Dans les zones des classes ouvrières pauvres, des évènements seront
créés pour générer une réponse violente des « masses » et conditionner
l’esprit du public à la nécessité des violences policières et des CRS «
pour défendre la France ».

 

8.
Les véritables termes des négociations entre le gouvernement et les
syndicats seront gardés secrets, ou voilés au public. Les vrais termes
seront si désavantageux pour les travailleurs qu’ils ne pourraient
décemment pas les accepter, et pendant ce temps, l’attention du public
sera focalisée sur une « issue ingagnable », une issue qui recueille
peu de sympathie de la part du public. Les travailleurs feront à
nouveau la grève et descendront dans la rue.

 

9.
À ce moment, la violence éclatera sur les piquets de grève et les CRS
seront envoyés contre les grévistes. De petits groupes de grévistes
seront montrés comme étant très violents. Ces individus (possiblement
des agents provocateurs) seront utilisés pour discréditer tout le
travail du mouvement syndical, et on exigera des dirigeants syndicaux
qu’ils se distancent de la violence, tendant ainsi la victoire à M.
Sarkozy dans l’arène de l’opinion publique et dans les esprits des
travailleurs modérés.

Les
événements de ces deux dernières semaines nous ont donné raison. La
stratégie de M. Sarkozy a suivi nos spéculations à la lettre, mais ce
n’est que le début.

On
a permis à M. Sarkozy d’établir le programme de la réforme des
retraites. La provision pour un départ anticipé chez les travailleurs
exerçant des emplois pénibles, comme les chemins de fer, était juste
quand le travail était plus difficile, mais elle est maintenant
largement vue comme dépassée. Un « sabotage » opportunément orchestré a
divisé les syndicats et l’opinion publique, les dirigeants syndicaux
sont restés figés et ont brisé les rangs vendredi dernier, sous le feu
des médias généré par le « sabotage ». La violence « a éclaté » dans
les universités, et il y a 5 nuits, 2 personnes ont été tuées dans un «
accident » avec la police, et des « émeutes » prévisibles se sont
ensuivies pendant trois nuits. Tout se déroule selon le plan !

Un récent article de la presse dominante illustre en grande partie la question :

Les Grèves Françaises s’arrêtent

AP – 24 novembre 2007

PARIS – Le président français Nicolas Sarkozy s’est concentré sur une bataille gagnable, a divisé l’opposition et semble avoir pris le dessus après neuf jours de grèves chez les cheminots en colère.

Pourtant, des tensions subsistent alors que le débrayage a cessé et que le trafic ferroviaire a commencé à reprendre vendredi. La violence des étudiants protestataires a provoqué la fermeture de la Sorbonne et soulevé des inquiétudes sur la façon dont Sarkozy et ses compatriotes résisteront à ses plans laborieux destinés à rénovés une France qui stagne, un France résistante à la réforme.

Sarkozy
a remporté ce qui est considéré comme une victoire nécessaire à son
programme de réforme plus général, en faisant face aux cheminots
remontés contre son objectif de les faire travailler plus longtemps
pour bénéficier d’une retraite.

« Cette réforme, je l’ai promise, je l’ai tenue », a-t-il déclaré confiant, dans un discours vendredi dernier.

Jeudi,
les cheminots se sont mis d’accord pour reprendre le travail sur la
promesse de pourparlers qui pourraient adoucir – mais sans la
compromettre – la réforme des retraites.

En
résistant aux cheminots, Sarkozy espérait briser le recours instinctif
des syndicats aux grèves, comme Margaret Thatcher le fit en tenant bon
face aux mineurs de charbon,
et comme Ronald Reagan le fit avec les contrôleurs de trafic aérien dans les années 1980.

Sarkozy a astucieusement placé une barrière entre les syndicats militants et modérés lors de la grève des transports prolongée, et les socialistes de l’opposition n’ont pas pu résister à ses tactiques guerrières méthodiques. Sarkozy a exprimé l’espoir qu’à l’avenir, les syndicats « préféreront toujours les négociations à la confrontation. »

Cela marquerait un changement majeur pour la France.

L’élection
de Sarkozy en mai dernier – sur la base d’un programme de « rupture »
dramatique avec le passé – a montré que la plupart des Français étaient
prêts au changement. Les banlieusards depuis longtemps
habitués aux débrayages ont rapidement perdu patience lors de cette
grève des transports, et ont été prompts à critiquer les cheminots
grévistes défendant des privilèges considérés pour la plupart comme
injustes.

« Au
moment où la grève s’achève, où la raison l’emporte, ma première pensée
va aux millions de Français… qui n’en peuvent plus après près dix
jours de galère… à ces millions de Français qui n’ont pas à être pris en otage dans un conflit qui ne les concerne pas», a-t-il dit.

Mais
des millions ont voté contre Sarkozy et ne sont pas prêts à lui donner
carte blanche. Les pourparlers avec les cheminots seront certainement
tendus, et certains syndicats menacent de nouvelles grèves s’ils
n’obtiennent pas assez de concessions. Et la réforme des retraites n’est qu’un détail que Sarkozy a dans sa manche concernant l’avenir de la France.

Il dit que la France a trop de fonctionnaires qui pèsent sur le gouvernement endetté.
Les 5 millions de fonctionnaires de France ne sont pas tous d’accord
avec cela, et beaucoup résistent aux suppressions de postes et
demandent à être mieux payés. Ils ont tenu leur première grève mardi et
menacent de continuer.

Le
plan de Sarkozy de renoncer au système rigide et compliqué des contrats
de travail qui sous-tend le système de main-d’œuvre français
risque fort d’être un sujet sensible.

Et puis il y a les universités récalcitrantes. Le campus de la Sorbonne était fermé vendredi, suite à la violence entre des étudiants protestant contre une réforme du financement des universités et d’autres étudiants essayant d’aller en cours.

Les
étudiants ont bloqué le célèbre bâtiment de la Rive Gauche pendant des
jours, mais ont eu recours vendredi à la « violence physique », a
déclaré l’administration, qui a fermé l’école jusqu’à lundi. Les
étudiants des grandes écoles et des universités envisagent de nouvelles
protestations mardi.

Les
voyageurs ont salué l’amélioration du trafic vendredi, même si on
s’attend à ce que la reprise totale du trafic ferroviaire national et
des transports publics parisiens et d’autres villes prenne des jours.

Avec
un signal clair, la grève se terminait, certaines stations de métro
reommençaient à encaisser les tickets vendredi. Pendant la grève, le
transport sur les quelques rames en circulation était gratuit.

 

Il
est essentiel que chacun en France comprenne que la question de ces
grèves n’est pas que les cheminots obtiennent un régime de retraite
particulier ou non. Ces grèves sont le tranchant de la lame économique
néolibérale plantée dans l’âme de la France socialiste.

Et
pourtant, il semble que la France soit à nouveau endormie et
inconsciente des dangers. La France a été amenée par la ruse à penser
que la question était la réforme des retraites. Un coup d’œil à
l’espace médiatique relatif accordé aux grèves de la SNCF et du métro
montre l’étendue du contrôle de M. Sarkozy. Car tandis qu’une partie de
la grève des cheminots concerne les retraites, de nombreux autres
travailleurs s’opposent à des « réformes » qui illustrent bien mieux la
véritable nature du programme de Sarkozy.

En
permettant à M. Sarkozy et aux médias de se focaliser principalement
sur la réforme des retraites, les syndicats ont donné à M. Sarkozy un
énorme avantage. En reculant au moment crucial où les Français
commençaient à voir la valeur de travailleurs dont de nombreuses
personnes aimeraient détruire les droits, les syndicats lui ont tendu
la victoire et ont scindé l’opposition auparavant unie.

M.
Sarkozy est un tyran qui a affirmé catégoriquement qu’il n’avait pas à
écouter la volonté des gens. C’est la manière dont Tony Blair a traité
les Britanniques et la manière dont George W. Bush traite les
Américains.

Est-ce cela que vous voulez pour la France ?

Cela
fait mal à beaucoup d’entre nous, qui se réjouirent lorsque le détesté
Jacques Chirac fit un pied de nez aux Américains et dit « Non ! » à
l’invasion illégale de l’Iraq , de voir ce qui se produit en France ;
il est en fait perturbant de réaliser que M. Sarkozy reçoit un
quelconque soutien. Il est clairement évident que les États-Unis
s’effondrent, le système financier mondial frôle le bord de l’abîme, et
le modèle économique néolibéral a été exposé comme n’étant rien de plus
qu’une version moderne du pillage et de la mise à sac issus d’un passé
obscurantiste. Alors, M. Sarkozy a-t-il perdu la tête ? Ou prévoit-il
d’entraîner la France dans l’abîme avec le reste des Capitalistes du
désastre ?

Malgré
ce que M. Sarkozy peut déclarer, d’après mes interactions avec les
citoyens français, le peuple de France n’accepte pas l’hégémonie
mondiale belliqueuse des États-Unis et ne veut pas du cauchemar
américain en France.

Plus
que jamais dans son histoire, le peuple de France doit défendre la
Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Ne vous y trompez pas, c’est une
guerre pour la liberté de la France – une guerre de volontés
souterraine – qui doit être menée de front. Mais par-dessus tout, vous
devez résister avec vos cœurs, vos voix et vos corps mêmes à toute
tentative de semer la division parmi vous. Unis vous tenez, divisés
vous tomberez.

 

Notes :

(1)
Le néolibéralisme est une étiquette désignant le libéralisme économique
et décrivant la politique gouvernementale qui déclare promouvoir la
concurrence de libre marché dans une économie donnée, et au final,
mondiale. Développé par Milton Friedman et ses disciples à l’Ecole
d’Economie de Chicago – http://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberal

(2) Voir http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/3502759.stm

 

Traduction française: Christelle F.

 

Note de Futur Quantique :

Cet
article a été soumis à Agoravox, qui en a refusé la publication. Motif
(le lecteur jugera par lui-même du bien-fondé des « arguments »
avancés) : « Nous considérons […] que l’article exprime une opinion personnelle. [!!] Si notre rubrique tribune libre est ouverte à ce type d’article, la question que votre article aborde demande un supplément d’information et d’argumentation [!!]. Nous vous encourageons vivement, à l’avenir, à développer vos propos en veillant aux éclaircissements nécessaires à une bonne compréhension de votre opinion. » [!!]

Article original : http://www.futurquantique.org/la-politique/264-lettre-ouverte-au-peuple-de-france

traduit de l’américain de : http://www.sott.net/articles/show/144542-An-Open-Letter-To-The-People-Of-France

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