Les temps sont à la révélation des choses du monde

Cet article m’est inspiré par une interview que j’ai entendu en radio ce matin à propos de la situation en Guadeloupe et plus généralement dans les Antilles françaises. En surface, la liste des revendications des guadeloupéens
portent sur des éléments sociaux et économiques pour faire face à la
vie chère LIRE ICI la liste des revendications.

Mais en réalité, lorsque l’on gratte le vernis des apparences, on
trouve bien autre chose. On trouve une vieille bête qui n’est pas morte
malgré ce que l’on pouvait penser. Cette vieille bête est le vestige du
colonialisme et de l’esclavagisme. En Guadeloupe,
la toute grande partie des classes sociales élevées qui possèdent les
richesses, les commerces, les entreprises sont des blancs. Les prix à
la consommation rendent la vie des travailleurs indigènes plus que
difficile et s’apparente  à une forme évoluée de soumission des classes
que l’on pourrait nommé "esclavagisme économique" et "domination socio-politique".

Les Antilles étant des îles, il n’est pas compliqué de comprendre qu’une très grande
partie de ce qui se consomme et s’achète dans la vie quotidienne est
importé du continent. Partant de là, les classes sociales qui dominent
le commerce font ressembler les îles  à des prisons économiques qui
contraste avec les images paradisiaques de nos cartes postales de
vacances. Ces prisons caraibéennes sont en fait  tenue par des mains de
fers plutôt visibles et par le "droit de l’homme blanc".

C’est donc bien, encore une vérité tue et dissimulée dans les limbes
cinquièmement républicaine qui remontent à la surface en ces jours de
débuit de troisième millénaire. Je suis frappé de voir que toutes les
vérités, toutes les plaies non guéries, toutes les douleurs du monde
rejaillissent en ce moment un peu partout dans le monde comme des
"ballons-sondes" qui remontent des profondeurs de l’humanité.

Les événements en Guadeloupe sont un de ces ballons-sondes qui
remontent à la surface des eaux agitées en ces temps peu ordinaires.
Ils nous rappellent que malgré les apparences, l’homme n’a pas réglé
ses vieux conflits ancestraux, qu’il n’a fait que les enrobés dans des
couches et des sous-couches complexes de néo-libéralisme économiques et
juridiques.

Mais au fond, et une fois ces couches et sous couches ôtées, le
coeur de la révélation est amer et âpre car c’est en fait une vieille
tumeur qui rejaillit.

La crise financière n’est pas autre chose que tout cela : un ballon-sonde qui remonte à la surface et qui nous rappelle que derrière nos
droits de l’homme (blanc), nos sophistications et nos efforts de
civilisation et de colonisation de tous types et genres; la toute
grande majorité des humains qui marchent dans la douleur sur cette
terre sont des esclaves économiques enchaînés au boulet de l’argent et
de ses servitudes.

Nous sommes tous des créoles.

Publicités