Clearstream l’a tué   

   
Cette fois, c’est fini : Denis Robert jette l’éponge. Après des années de lutte solitaire contre un empire (l’image est romanesque,
d’ailleurs, elle lui a inspiré un roman, mais
pour une fois, elle est juste) le journaliste-écrivain renonce à écrire
la moindre ligne sur la chambre de compensation luxembourgeoise.
L’affaire a eu raison de son opiniâtreté et de sa capacité de
résistance. Las, épuisé, découragé et financièrement mis à genoux par
la multiplication des procédures, guetté à la parution de chacun de ses livres,
de chacun de ses articles, de chacune de ses interviews par un
bataillon d’avocats au service de Clearstream, il renonce. Il ferme
même son blog La domination du monde, titre d’un de ses livres,ou
du moins, il en laisse les clés à d’autres. Mais lui tire le rideau. Sa
vie n’en sera que plus légère. Ultimes explications sur son blog. Il
était temps car l’incessant harcèlement dont il était la cible, ajouté
à l’évolution judiciaire du dossier, risquait non seulement de le
ruiner mais de le faire basculer durablement dans la paranoïa. On
pourra discuter son implication personnelle dans le manipulation,
certaines de ses interprétations du scandale, sa trop grande proximité
avec les sources ou la leçon faite aux confrères, mais force est
de saluer son courage et son obstination. Clearstream est aussi un cas
d’école pour les journalistes. Au début de sa dénonciation, et pendant
assez longtemps, Denis Robert ne fut pas nombreux à affronter l’hydre.
Pas ou peu de de journalistes, mais un éditeur, Laurent Beccaria
(éditions des Arènes). Après, ça a dérapé autour d’un bras de fer
Villepin/Sarkozy mais c’est une autre histoire. N’empêche que
globalement, son traitement fut jusqu’à une certaine époque exemplaire.
Alors chapeau l’artiste !

Les reportages en vidéos  : Les dissimulateurs (Denis Robert – 2001)

Reportage Envoyé spécial – Denis Robert – Révélation$ et Boite noire (afffaire Clearstream)

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