Pécresse et Prasquier défendent l’idée de Sarkozy sur la Shoah

16.02.08 | 11h54



ARIS (Reuters) – Plusieurs voix, dont celles de Valérie Pécresse et de Richard Prasquier, se sont élevées samedi pour défendre l’idée controversée de Nicolas Sarkozy de faire parrainer des enfants victimes de la Shoah par des élèves de CM2.

Interrogée sur France Info, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a dit faire "entièrement confiance aux enseignants pour faire preuve, dans ce domaine, de doigté et de délicatesse".

Valérie Pécresse a fait un rapprochement avec l’étude du journal d’Anne Frank, une collégienne juive ayant passé toute l’occupation cachée, avant de mourir en déportation.

"Moi j’appartiens à une génération qui avait au début du collège le journal d’Anne Franck", a dit la ministre. "Nous avons vécu avec Anne Franck pendant plusieurs semaines et je peux vous dire que ça reste pour moi l’un des souvenirs les plus bouleversants de mes années de collège".

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, a salué "très belle initiative sur laquelle il faut prendre effectivement beaucoup de précautions".

"L’âge du CM2 me paraît particulièrement bien approprié puisque c’est à partir de cet âge qu’aujourd’hui les enfants commencent à ramasser les informations de l’extérieur et à se construire un monde qui peut être un monde d’intolérance et d’exclusion", a-t-il estimé au micro de RTL.

"Il s’agit bien d’éduquer et d’utiliser le passé pour l’avenir et ça c’est fondamental", a-t-il ajouté. "Il ne s’agit pas de porter une vignette qui ferait que chaque enfant soit le garant, le responsable ou pire encore le coupable de ce qui est arrivé à un autre enfant. Là je crois qu’il faut faire confiance à l’Education nationale".

Le président Nicolas Sarkozy a fait mercredi soir au dîner du Crif sa proposition de parrainage, qui a semé le trouble dans le monde enseignant ou parmi les historiens et psychologues.

Simone Veil, ancien ministre et rescapée des camps nazis, a dénoncé une idée "inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste".

Samedi matin sur RTL Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, a jugé cette réaction exagérée.

"Le point de vue de Simone Veil, je le trouve tout à fait excessif, surtout par rapport à tout le travail qui a été fait", a estimé l’avocat.

"Nous les fils et filles de déportés avons identifié chaque enfant (déporté). Nous savons exactement le nom, l’état civil complet, l’adresse d’arrestation de chaque enfant, c’est le travail que nous avons réalisé pendant des années. Donc aujourd’hui on peut passer à des étapes", a-t-il estimé.

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